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Frantz Grenet - Page personnelle
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La Mission archéologique franco-ouzbèke de Sogdiane

Afrasiab, Koktepe, Derbent: la Sogdiane de l'Age du Fer aux invasions mongoles (XIIIe siècle)

Mission | Enjeu scientifique | Objectifs | Equipe | Institutions

Registan

Mission

Carte de l'Asie centralePlus qu’un carrefour entre le monde occidental, iranien et turc, l’Inde, la Chine et le monde des steppes, l’Asie centrale a été le point de fusion de plusieurs civilisations majeures du monde ancien et, par son rôle central, a joué un rôle prépondérant sur l’ensemble de ses voisins. Agissant dans la ligne inaugurée par l’ouverture des républiques centre-asiatiques de l’ancienne URSS, la Mission Archéologique Franco-Ouzbèke de Sogdiane (MAFOUZ) a pour but l’étude de la Sogdiane, l’une des régions culturelles au centre de cette région, depuis l’Age du Fer jusqu’à l’invasion mongole de 1220. Elle oeuvre d’une part à Afrasiab, le site de la Samarkand prémongole, ainsi que sur deux sites complémentaires importants: Koktepe, grand ensemble urbain datant essentiellement de l’Age du Fer, et la muraille-frontière des Portes de Fer près de Derbent, entre Samarkand et Termez.

La mission effectue deux campagnes annuelles, l'une en mai-juin, l'autre d'août à octobre. Sur place à Samarkand elle dispose d'une base à l'Institut d'Archéologie, avec notamment un tessonnier de référence couvrant toutes les périodes étudiées, accessible aux chercheurs qui en font la demande.^

Enjeu scientifique

L’ouverture de l’Union Soviétique à l’époque de la Perestroïka, puis l’émergence des nouvelles républiques d’Asie centrale ont permis aux missions archéologiques occidentales, auparavant presque uniquement cantonnées à l’étude de l’Afghanistan, d’inaugurer une approche plus globale de l’archéologie et de l’histoire de l’Asie centrale.

C’est dans ce contexte nouveau, soutenu par l’Institut d’archéologie de l’Académie des sciences d’URSS, puis d’Ouzbékistan, que le projet d’une première mission archéologique franco-ouzbèke a vu le jour à partir de 1989, permettant à une équipe de chercheurs occidentaux qui avaient auparavant travaillé pour l’essentiel sur la ville hellénistique d’Aï Khanoum en Afghanistan de poursuivre leurs recherches sur le terrain au-delà de l’Amou-darya, aux côtés des nombreux archéologues actifs dans les républiques de l’ex-URSS. Les sites choisis, celui de la Samarkand ancienne qui s’étend sur le plateau d’Afrasiab, Koktepe et les Portes de Fer près de Derbent, répondent à une problématique qui couvre toute la période historique de la Sogdiane, des débuts de l’Age du Fer aux invasions mongoles du début du XIIIe siècle de n.è.

A travers les sites d’Afrasiab et de Koktepe qui ont retiré leur prospérité originale de la plaine du Zerafshan et de sa richesse agricole assurée par un réseau dense d’irrigation, la MAFOUZ s’est engagée vers la problématique relative à la formation des villes centre-asiatiques vers le tournant de l'Age du Bronze à l'Age du Fer, puis vers leur évolution urbaine pendant près de deux millénaires. La possibilité pour une même mission d’entreprendre une approche conjointe de plusieurs sites complémentaires a permis de mieux cerner les nombreux problèmes de chronologie et d’histoire que pose la région pendant plusieurs phases clés de transition aux débuts de l’Age du Fer ancien, entre l’époque achéménide et hellénistique, entre cette dernière et les périodes sous pouvoir nomade, pendant l’Antiquité tardive, au haut moyen âge, puis dans le premier siècle de l’islamisation, enfin lors de la dernière apogée de la Samarkand ancienne sous les Karakhanides. Les diverses périodes touchées permettent de développer des thèmes importants comme celui des origines du zoroastrisme, de la géographie historique de l’Asie centrale en général, des problèmes liés au grand commerce sogdien, etc.^

Trois objectifs complémentaires

Samarkand-Afrasiab

Site d'AfrasiabLe site d'Afrasiab, d'une superficie de 219 hectares a été exploré depuis 1873 par des archéologues russes, puis soviétiques, avant l’intervention de la MAFOUZ de Sogdiane dont les activités sont le fruit de la collaboration d’archéologues français, ouzbeks et russes. Depuis 1989, plusieurs chantiers ont été ouverts sur l'ensemble du plateau urbain afin d'étudier le système des remparts et de l'alimentation urbaine en eau, et sur l’acropole (ou « ville haute »), plateau fortifié séparé du Shahristan, constituant la citadelle au sens large de la ville, sur lequel se sont de tous temps concentrés les édifices représentatifs de la cité (sacrés, politiques et militaires).

Koktepe

Site de KoktepeLe site de Koktepe, à trente kilomètres au nord de Samarkand, est fouillé depuis 1994. Contemporain de Samarkand mais abandonné dès la période séleucide, il est notamment susceptible de faire connaître l'Age du Fer ancien et d’éclairer ainsi les circonstances qui ont conduit à la « seconde urbanisation » de l'Asie centrale (après la première, de l'Age du Bronze, et sur un réseau différent qui restera celui des périodes historiques), ceci en corrélation avec l’extension du réseau d’irrigation des grandes oasis. Parmi les trouvailles majeures figurent des vestiges de rituels que l’on peut interpréter dans le cadre des origines du zoroastrisme, et une tombe nomade datant du début de notre ère, importante source d’informations pour l’étude des migrations nomades en Asie centrale.

Derbent-Portes de Fer

Site des Portes de FerLe site de la muraille-frontière des « Portes de Fer » à Derbent, près de Baïsun, a été fouillé de 1995 à 1997. Il a fourni de précieuses informations sur la Sogdiane, notamment sur le mouvement des frontières et sur l’histoire événementielle générale, depuis l'Antiquité, quand Alexandre le Grand s'empare de la région, jusqu'à l'époque de Tamerlan. Construite à l’époque hellénistique, la muraille mise au jour a été restaurée à plusieurs reprises à l’époque kouchane, au haut moyen âge (en liaison avec la première expansion turque) et sous Tamerlan.^

L'équipe

* Frantz Grenet (CNRS), co-directeur de la mission depuis 1988. Responsable de l’équipe CNRS « Hellénisme et civilisations orientales », UMR 8546 « Archéologies d'Orient et d'Occident » (section 32)
* Mukhammadjon Isamiddinov (Institut d’archéologie de Samarkand), co-directeur de la mission depuis 1988; fouilles d’Afrasiab et de Koktepe.

Équipe permanente de fouilles (du côté français) :

* Paul Bernard, membre de l’Institut: ville haute d’Afrasiab-Samarkand.
* Claude Rapin (CNRS, CR1), ville haute et fortifications de Samarkand-Afrasiab de 1989 à 1998, Koktepe (depuis 1994) et Derbent-Portes de Fer (1995-1997).
* Charlotte Baratin, ville haute d’Afrasiab-Samarkand.
* Laurianne Sève-Martinez (Université Paris X - Nanterre), ville haute d’Afrasiab-Samarkand.

Collaborateurs associés :

* Bertille Lyonnet (CNRS, UPR 315, DR2), archéologue et céramologue.
* Pierre Gentelle (CNRS, UPR 315, DR1), géographe.
* Guy Lecuyot, architecte, Ingénieur de Recherches au CNRS.
* François Ory, architecte ITA, CNRS.
* G. Willcox (CNRS, UPR 7537), analyses paléobotaniques.
* Michel Fontugne, François Guichard (CNRS, Centre de faibles radioactivités, LSCE), analyses C14.

Principaux collaborateurs de l’Institut d’archéologie de Samarkand :

* Mukhammadjon Isamiddinov.
* Mutallib Khasanov, archéologue.
* Igor Ivanitskij, archéologue.
* Aleksej Gritsina, archéologue.
* Shohimardan Rakhmanov, archéologue (également co-responsable de la fouille des Portes de Fer près de Derbent ).
* Anvar Atakhodjaev, archéologue et numismate.
* Ljudmila Shpeneva, archéologue, numismate et spécialiste de la céramique.
* Nadejda Almazova, archéologue, spécialiste du verre et de l’outillage.
* Marina Reutova et Janna Sukasjan, restauratrices.

Collaborateurs de Russie :

* Olga Inevatkina, archéologue (Musée de l’Orient à Moscou).
* Elena Kurkina, architecte (Musée de l’Orient à Moscou).
* Yury Karev (Institut d’Histoire de l’Académie des Sciences de Russie, Moscou).^

Institutions

* UMR-8546 « Archéologies d'Orient et d'Occident » (section 32), équipe « Hellénisme et civilisations orientales »
Laboratoire d’archéologie
École normale supérieure, 45 rue d'Ulm 75005 Paris
Tél.: (00 33) 1 44 32 37 81 / Fax: (00 33) 1 44 32 30 60
* Ministère des Affaires étrangères, Paris.
* Institut d’archéologie de l’Académie des Sciences d’Ouzbékistan (Samarkand):
ul. Akademika Abdullaeva 3
Samarkand, 703051
Ouzbékistan.
Tél-Fax: (00 998) 662 32 12 90.
* Fondation Max van Berchem, Genève (financements 1999-2002).^

     
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Conception et réalisation: Charles et Julien Grenet - Dernière mise à jour: 15 septembre 2011

 

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